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Un bol difficile à avaler ! Après 3 participations, le Bol était une des courses qui me réussissait le plus.Pour cette édition 2003, c'est raté... Revenant tout juste d' Assen, je retrouvais néanmoins rapidement mes marques sur cette moto avec qui je partage mes courses d'endurance depuis 2 ans. Certes, nous avons du matériel de la saison passée, mais avec une équipe remotivée depuis un an, et un équipage homogène et soudé, nous savons la performance encore réalisable face aux teams de pointe engagés sur ce Bol. Dés, les qualifs, nous le prouverons. Après des essais concentrés sur nos réglages châssis, nous obtiendrons, non sans mal, une moto efficace pour les qualifs. Nous obtiendrons ainsi le 5ème temps. Malgré la joie de nous retrouver à cette place au milieu des grands teams, nous voulions continuer à faire évoluer la moto. Si nous pouvions faire claquer le chrono sur un tour, il en serait plus difficile sur 24 heures. Une crevaison lente (jante poreuse) ayant perturbée nos qualifs, je pense que nous nous sommes un peu perdu dans nos réglages. Les quelques tours du warm up, nous permettant tout juste de tester les nouvelles jantes arrivés en dépannage. Nous n'avons pu vraiment valider ces réglages. Dès le départ, Fred Jond manque de confiance. En me passant le relais, il insiste, la moto n'est pas aussi saine qu'attendue. Je m'en rendrai compte rapidement. Fidèle à notre 5ème place, je ne cache pas non plus mon manque de confiance. Je suis assez limite sans rouler dans les chronos que j'espérai. Le comportement, et les réactions inattendues de la moto ne me mettent pas à l'aise. Nous ne pouvons pas nous permettre d'immobiliser la moto au box pour changer les réglages, Eric Delcamp s'attache alors à faire évoluer la moto lors des ravitaillements. On a plus le choix il faudra faire avec. Les relais paraissent très long et il ne faut surtout pas se déconcentrer pour ne pas aller à la faute.La nuit faisant son apparition, nos problèmes se sont vus réduits. Plus à l'aise, je reprenais enfin confiance. Je n'étais encore jamais tombé en 2 ans dans le team Dap, pourtant depuis le début de course, j'avais une mauvaise appréhension, comme si je savais que c'était pour ce week-end. Dans un relais de nuit, alors que je passais le panneau me signalant de rentrer, je me fis piéger. A l'entrée d'une courbe rapide, c'est le divorce, je me retrouve, après quelques figures improvisées, assis dans le bac à gravier avec un casque, cuir, gants et bottes que seul un musée pourrait se resservir ! Pour ma part, c'est une entorse à l'épaule. Je n'arrive toujours pas à bien expliquer ma chute. Si je le sentais, j'ai du mal à savoir pourquoi là et comment ? Bref, bilan, pas mal de mécanique pour les mécanos et quelques places de perdues. Nous profiterons de la nuit pour refaire notre retard. Au petit matin, nous sommes de retour dans le top 5. Fred signalera une grosse perte de puissance en me donnant, le relais. Quelques minutes au stand pour déterminer que c‘est le faisceau électrique qui a surchauffé. Reparti dans l'espoir d'aller chercher la place que nous venions de perdre, je devrai m'arrêter après 10 tours, fuite d'huile moteur. Nouvel arrêt au stand et les mécaniciens s'y remettent. Apres avoir changé un joint, je reprend la piste. 2 tours plus tard, la fuite est de retour. Il reste 2h30 de course, je décide alors de ralentir, nous devrons finir ainsi. Alors qu'il me restait 10 tours à boucler dans mon relais, l'huile a été plus loin que la botte pour finir sur le pneu !!! Nouvel chute. Cette fois pas de bobos si ce n'est un second cuir Bering dans un sale état. Le diagnostic nous apporte le coup fatal. Le carter moteur est fêlé. Nous ne pouvons pas prendre le risque d'y retourner. C'est l'abandon. Pierrot Lerat Vanstaen |